PERFORMANCE - RITUEL
- COGNER L'INVISIBLE.

La forme performance s’est imposée à Dalila Dalléas Bouzar comme une nécessité, ouvrant son traitement de l’image du corps à la question de la présence. Dans l’urgence du réel, la plasticienne organise son temps, son espace et sa relation au public. Portant une attention particulière à la lumière et aux couleurs, la plasticienne pense la performance comme le prolongement de sa peinture, quand elle ne la confond tout simplement pas avec elle. Mettant en jeu des objets liturgiques (tapis, encens), des gestes symboliques (la croix, l’étoile), des éléments de parure (masques, bijoux, maquillages, parures), des matériaux nobles (or, céramique) et les éléments naturels (eau, feu), elle convoque les forces du rituel pour mobiliser une spiritualité qui soit véritablement efficace dans le réel. Par la performance, elle se reconnecte à une tradition ancestrale dont elle réinvente les signes et joue avec les symboles, tapis dans les inconscients collectifs. Le corps pour aiguillon, Dalila Dalléas Bouzar œuvre ainsi à réparer le lien trop souvent rompu entre l’infinité du cosmos et l’intimité de l’humain.

Florian Gaité
Docteur en philosophie, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Florian Gaité est chercheur associé à l’Institut ACTE (axe “Esthétique et théories critiques de la culture”)


RITUEL DE DÉPLACEMENT -
Place de la Concorde - Assemblée nationale - Paris
Performance dans l'espace public.
Symboles du pouvoir dans l'espace public
Poésie

RITUEL DE DÉPLACEMENT DE CORPS -
MUSÉE BARGOIN - FITE 2020
© Musée Bargoin Clermont Métropole

L'objectif du rituel ici est comment déplacer un corps symbolique d'un endroit où il est pris en otage à sa place?
Il s'agit du corps de la femme dont le système patriarcal a pris possession. Le rituel s'attaque au rituel du mariage. Celui-ci symbolise le passage de la petite fille dans le monde des hommes et à son statut de reproductrice.

CHAMPS II - COMMENT SE DÉBARRASSER DE L'HISTOIRE
Pendant la période du confinement imposé en 2020. Dalila Dalléas Bouzar continue d'explorer des formes de ritualisation tout en gardant les constantes de la peinture corporelle, gestuelles ritualistiques etc...

CHAMPS I -


RITUEL DE DÉPLACEMENT DE CORPS -
GALERIE CÉCILE FAKHOURY - Déc. 2019

La tapisserie, Adama, est inspirée d’une technique de broderie au fil d’or à l’origine destinée et réservée aux chefs de guerre et aujourd’hui traditionnellement utilisée en Algérie pour la tenue de la future mariée. Cette œuvre vient broder la mémoire culturelle des rites de passage du corps de la femme, de l’enfance à la vieillesse. Adama charrie avec elle toute une lignée de femmes : celles qui composent la famille algérienne de l’artiste, les brodeuses et les couturières qui l’ont confectionnée et plus largement la femme dans sa pluralité, inévitablement concernée par la question de la symbolique de son corps. Dalila Dalléas Bouzar choisit de subvertir à nouveau la fonction symbolique du karakou pour en faire un outil de pouvoir au service de la libération de la femme. Un déplacement a ainsi lieu, d’une situation de soumission à un retour vers une position de puissance.

RÉVOLUTION 1/365 - 2019 - MUSÉE DES CIVILISATIONS NOIRES - DAKAR

STUDIO ORIENT AU FÉMININ - 2019 - MUSÉE DU QUAI BRANLY - PARIS



STUDIO PARIS - 2018 - AKAA ART FAIR - PARIS

STUDIO DAKAR - 2018 - THE MATTER OFF DAKAR BIENNIAL


INNER PAST- 2016 - Galerie Cécile Fakhoury - Abidjan

À l’occasion de l’exposition in her room, Dalila Dalléas Bouzar a réalisé une performance à la Galerie Cécile Fakhoury à Abidjan. Inner Past parle de la disparition, d’une révolution intérieure. L’artiste met en élévation son travail de dessin: La maison.

L'objectif de la performance était de détruire les carnets d'écritures personnels de l'artiste, écrits sur une période de 20 ans environ. Ecritures de l'intime, de rêves, de réflexions, de croquis. La cabane a été conçue comme lieu de la dernière lecture des carnets avant leur disparition par le feu.

L'artiste a mis en scène cet événement important de sa vie dans un rituel qu'elle a voulu partager avec le public. Elle recrée un espace du rituel, du sacré dans lequel le symbolisme de chaque action est amplifié et à travers lequel le public peut s'identifier.
Inner Past matérialise la disparition du passé, nous autorise à vivre une vie nouvelle sans l'influence du passé et de ce qu'il représente. Cela ne veut pas dire amnésie.

La performance transforme l'action individuelle en action collective.

Image, son et montage : Aurélie Conquet, Sébastien Plot et Mohamed Thara
Musique : Elom 20ce et Dodji
Production : Galerie Cécile Fakhoury
Assistante de production : Julie Diabara