Les femmes d'Alger , d'après Delacroix (1834)
2003-2018

La critique des régimes visuels
par Bernadette Dufrene

C’est l’histoire de l’art et plus particulièrement l’orientalisme que Dalila Dalléas Bouzar interroge dans la série Femmes d’Alger : la référence au tableau de Delacroix n’est pas dictée par une volonté de dénonciation d’un point de vue colonial (Delacroix contrairement aux autres orientalistes s’est vivement opposé aux destructions d’Alger), mais il s’agit plutôt d’une remise en perspective d’une composition à l’époque contemporaine par une femme interrogeant le tableau en tant que peintre algérienne du XXie: le rapport d’extériorité voire la sacralisation qu’institue cette scène de genre est aboli au profit d’une mémoire active qui garde des éléments de la mise en scène, les lignes-force du tableau de Delacroix et fait disparaître tout l’exotisme du décor et des vêtements qui ont fasciné le peintre du XIXe siècle. Dans Femmes d’Alger de Delacroix, l’artiste trouve matière à ses propres questionnements : qu’est-ce que ce titre signifie aujourd’hui? quelle sorte d’espace le tableau crée-t-il? L’écart de temporalités est à la base d’une dynamique : le tableau a déjà fait l’objet d’interprétations dont les plus célèbres sont celles de Picasso ou de l’écrivaine Assia Djebar. Dans un va-et-vient avec le tableau de Delacroix, l’artiste algérienne émet dans le temps plusieurs propositions - l’affirmation de la femme comme sujet, celle de son africanité- mais sans se détacher du sentiment d’actualité que lui donne le tableau du peintre français. Sans doute parce que les Femmes d’Alger continuent à regarder la jeune peintre algérienne. qui, en retour, les regarde et répond dans une histoire.


200x170 cm, huile sur toile, 2018 


200x170 cm, huile sur toile, 2017 


200x170 cm, huile sur toile 2017 (sold) 


200x150 cm, huile sur toile 2011 


200x150 cm, huile sur toile 2009 - sold 


200x150 cm, huile sur toile 2003 - Sold